Renault 19 (1988-1997)
Se rapprocher des références allemandes en termes de qualité perçue et de rigueur de construction, voilà l’objectif confié aux ingénieurs en charge du développement de la R19. Après quatre ans de travail, elle sera présentée au public en 1988.
HISTOIRE
Nouveaux standards
Pour remplacer son duo R9 & R11, Renault ambitionne de détrôner la Volkswagen Golf dans le classement des compactes, et d’imposer de nouveaux standards de qualité pour le constructeur français. Dès 1984, le projet X53 est lancé et l’objectif est clair, faire de la future compacte de Renault une référence dans sa catégorie. Appelée R19, elle sera finalement présentée en Juin 1988 pour un lancement en Septembre. Dessinée par Giugiaro, la nouvelle Renault est disponible dès le départ avec une gamme complète. Six versions essences sont proposées, la TR (1.4 l., 60 ch., 3 et 5 portes), la TS (1.4 l., 80 ch., 5 portes), la GTS (1.4 l., 80 ch., 3 et 5 portes), la TSE (1.4 l., 80 ch., 5 portes), la GTX (1.7 l., 92 ch., 5 portes) et la TXE (1.7 l., 92 ch., 5 portes). Les finitions TR et TS sont équipées d’une boîte de vitesses à quatre rapports seulement. Du côté des diesels, un seul moteur 1.9 l. de 65 ch. est disponible avec trois finitions, la TD (3 et 5 portes), la GTD (5 portes) et la TDE (5 portes). Bien construite, habitable et confortable, la R19 entame très bien sa carrière et devient rapidement l’une des voitures les plus vendues sur le marché européen. Pour le millésime 1990, la gamme est élargie avec l’ajout de la finition GTR (moteur de la TR avec un équipement amélioré), uniquement en carrosserie cinq portes. Le moteur 1.4 l. de 80 ch. peut être accouplé à une boîte de vitesses automatique à trois rapports en option, alors que les versions GTX et TXE proposent en option gratuite une boîte de vitesses longue faisant passer la puissance fiscale de 8 CV à 7 CV.
En Mai 1990, présentation de la carrosserie quatre portes baptisée Chamade. Avec une partie arrière allongée de 11 cm., elle remplace la R9 dans la gamme Renault et est proposée avec les mêmes moteurs et finitions que la version à hayon. En 1991, la finition TR est renommée Prima (sauf sur la Chamade) et la finition TS reçoit en série la boîte de vitesses à cinq rapports. Mais la grande nouveauté de l’année est la présentation de la R19 16S, version sportive de la compacte au losange. Au programme, moteur 1.8 l. développant 140 ch., jantes alliage de 15’’, pare-chocs avant et arrière spécifiques, aileron arrière, rétroviseurs peints couleur carrosserie, sièges baquets et volant en cuir. Cette version réalise le 0 à 100 km/h en 9,1 secondes et atteint 215 km/h en vitesse de pointe, des valeurs intéressantes mais pas transcendantes dans la catégorie. Pour le millésime 1992, lancement de la version cabriolet réalisée par le carrossier allemand Karmann. Elle est disponible uniquement en essence, en version classique (1.7 l., 92 ch.) et 16S (1.8 l., 140 ch.). La gamme est remaniée avec la disparition de la finition TR et de la GTS 3 portes. En essence, apparition de la TXI (1.7 l., 107 ch., Chamade et 5 portes) et, en diesel, lancement des Turbo D et Turbo DX (1.9 l., 93 ch., Chamade et 5 portes). Cette dernière se reconnaît à sa calandre ouverte et à son pare-chocs avant doté d’un spoiler. Quant à la version 16S, elle est désormais disponible sur l’ensemble des carrosseries. Deux séries spéciales à la présentation spécifique seront commercialisées cette année-là, la R19 Dynamic et la R19 Europa. De plus, la R19 Olympique 92 sera produite à 500 exemplaires, basée sur la R19 TXI.
Restylage
En Avril 1992, pour le millésime 1993, est présentée la version restylée de la R19. La face avant est entièrement nouvelle, avec une calandre ouverte recevant le nouveau logo de la marque. Les phares sont allongés et affinés, et le pare-chocs est redessiné. L’arrière change également avec des feux fumés intégrant un bandeau noir sur toute la largeur du hayon et un nouveau pare-chocs. L’intérieur est modernisé avec une nouvelle planche de bord encore mieux finie. Sur le plan structurel, des barres de renfort sont ajoutées dans les portières. Concernant la gamme, elle est réorganisée et la version quatre portes perd son appellation Chamade. Le premier niveau de finition RL est disponible avec le moteur 1.4 l. de 60 ch. (3, 4 et 5 portes), le 1.4 l. de 80 ch. (5 portes) et le diesel 1.9 l. de 65 ch. (3, 4 et 5 portes). Le deuxième niveau RN est proposé avec le 1.4 l. de 80 ch. (4 et 5 portes, boîte de vitesses automatique à trois rapports en option), le 1.8 l. de 95 ch. (5 portes, boîte de vitesses automatique à quatre rapports en option), le diesel 1.9 l. de 65 ch. (4 et 5 portes) et le turbo-diesel 1.9 l. de 93 ch. (5 portes). Le troisième niveau RT est disponible avec le 1.8 l. de 95 ch. (4 et 5 portes et cabriolet, boîte de vitesses automatique à quatre rapports en option) et le turbo-diesel 1.9 l. de 93 ch. (4 et 5 portes). En cours d’année apparaît sur cette finition le moteur 1.8 l. de 113 ch. (5 portes). Ensuite, le quatrième niveau de finition est la nouvelle Baccara, dotée d’une présentation luxueuse et équipée du 1.8 l. de 113 ch. Elle est également disponible en version à boîte de vitesses automatique, mais avec le moteur 1.8 l. de 95 ch. Tout en haut de la gamme se situe la 16S (3, 4, 5 portes et cabriolet) qui reste inchangée hormis l’adoption d’un catalyseur faisant baisser la puissance à 137 ch. En cours d’année, l’airbag conducteur est disponible en option et les versions équipées du moteur 1.8 l. peuvent recevoir l’ABS optionnel. Série limitée Saga basée sur la finition RL disponible.
L’année 1994 sera plus calme, avec seulement l’ajout de quelques équipements. Ainsi, toute la gamme (sauf le cabriolet) reçoit des témoins de ceintures de sécurité, alors que la 16S intègre en série l’antivol électronique couplé à l’alarme. Tous les modèles dotés du moteur 1.8 l. avec la boîte de vitesses automatique sont équipés en série de la direction assistée. Enfin, la finition RT s’enrichit des rétroviseurs extérieurs électriques et dégivrants, et le cabriolet RT reçoit le volant de la Safrane ainsi que de nouveaux enjoliveurs de roue. La R19 arrive en fin de carrière en 1995, ce qui entraîne une simplification de la gamme. Ainsi, la RL est disponible en trois portes avec les moteurs essence 1.4 l. de 60 ch. et diesel 1.9 l. de 65 ch. Au-dessus, on retrouve l’Europa (1.4 l. 80 ch., 4 et 5 portes), la RN (essence 1.4 l. 80 ch. et 1.8 l. 95 ch., diesel 1.9 l. 65 ch. et 1.9 l. 93 ch., 4 et 5 portes), la Storia (essence 1.4 l. 80 ch. et 1.8 l. 95 ch., diesel 1.9 l. 65 ch. et 1.9 l. 93 ch., 4 et 5 portes), l’Alizée (essence 1.8 l. 95 ch. et diesel 1.9 l. 93 ch., 4 et 5 portes) et la Baccara (1.8 l. 113 ch., 5 portes). Concernant la 16S, elle n’est plus disponible en quatre portes, alors que la version 1.8 l. de 95 ch. du cabriolet est désormais basée sur la finition Alizée. Au même moment, une série spéciale Camargue est proposée sur la R19 cabriolet avec équipement amélioré (peinture métallisée, jantes alliage, …). L’année suivante, la finition RN est supprimée alors qu’apparaît la finition Latitude (essence 1.8 l. 95 ch., diesel 1.9 l. 65 ch. et 1.9 l. 93 ch., 4 et 5 portes). La version cabriolet de la 16S disparaît, mais elle est remplacée par la RSI, avec moteur 1.8 l. de 113 ch. et présentation reprise de la défunte 16S. Toujours sur le cabriolet, la version 1.8 l. de 95 ch. peut recevoir la boîte de vitesses automatique en option, et une nouvelle série spéciale appelée Aria apparaît. 1997 sera la dernière année d’existence de la R19. Seul subsiste le cabriolet, sans changement notable, hormis un équipement enrichi. Sur certains marchés (Turquie, Colombie, …), la R19 sera encore produite localement jusqu’en 2000.
Avec plus de 5.900.000 exemplaires produits en neuf ans de carrière, la R19 sera un très beau succès pour Renault. Témoin du renouveau de la marque durant les années 1990, elle proposa une qualité de fabrication et une rigueur de construction inédites pour le constructeur français.