Renault 9 (1981-1989)
Avec la Renault 9, le constructeur français joue la carte du classicisme pour sa nouvelle berline compacte. Imaginée comme une voiture mondiale, elle doit plaire au plus grand nombre.
HISTOIRE
Zéro risque
Afin de pallier le manque de succès de la Renault 14, Renault lance dès 1976 un nouveau projet de berline compacte, destinée à s’intercaler dans la gamme entre la Renault 5 et la Renault 18. Soucieux de produire une voiture mondiale, le constructeur opte pour une carrosserie tricorps et un dessin classique, afin de séduire un maximum de marchés. Quelques mois plus tard, un second projet de compacte bicorps est développé en parallèle (la future Renault 11). Appelée Renault 9, la nouvelle compacte est présentée au Salon de l’automobile de Francfort en 1981. Très classique dans sa présentation, elle offre un style rassurant pour la clientèle (ce qui manquait à la Renault 14) et une large gamme dès son lancement. On retrouve alors quatre motorisations essence, le 1.1 l. de 47,5 ch. (finitions C, TC et GTC), le 1.4 l. de 60 ch. (finitions TL, GTL et TLE), le 1.4 l. de 68 ch. (finition Automatic) et le 1.4 l. de 72 ch. (finitions GTS et TSE). À noter que la version Automatic reçoit comme son nom l'indique une boîte de vitesses automatique à trois rapports. Les autres motorisations sont équipées d’une boîte de vitesses manuelle à quatre ou cinq rapports selon les versions. Dès le millésime suivant, la gamme est remaniée avec la suppression de la finition TLE. Les versions TL, GTL et Automatic gagnent un becquet arrière, tandis que les GTC, GTL, GTS et Automatic sont dotées d’une alarme d’oubli d’extinction des phares. En cours d’année, sont présentées les versions Diesel. Le moteur 1.6 l. de 55 ch. est proposé en trois finitions (TD, GTD et TDE). En 1984, la finition GTC disparaît et le pare-brise feuilleté devient de série sur toute la gamme. Une montre numérique est ajoutée aux finitions GTL, GTS, GTD, TDE, TSE et Automatic, tandis que ces trois dernières gagnent également un siège passager à dossier inclinable. En cours de millésime, un nouveau moteur 1.7 l. de 82 ch. fait son apparition en finition GTX et TXE. Une série limitée Avenue, produite à 7.000 exemplaires sur base GTL, se distingue par une présentation plus cossue (phares antibrouillard, jantes en aluminium, radiocassette stéréo, …).
Nouveau remaniement de gamme en 1985 avec la suppression des GTS, TSE et TDE. Les TC, GTL, GTD et GTX gagnent un rétroviseur extérieur réglable depuis l’intérieur et un nouveau siège passager à dossier inclinable. Un ordinateur de bord équipe désormais la version haut de gamme TXE. Plusieurs séries limitées apparaissent, la Louisiane (base GTL, 7.000 exemplaires) avec peinture bicolore, puis la Symphonie (base GTL et GTD). Quelques mois plus tard, une seconde série Louisiane est proposée, cette fois sur GTL et GTD. En 1986, les feux arrière sont encadrés de noir et l’instrumentation est reprise de la Renault 11. La finition C gagne des feux de recul, tandis que la TC disparaît. Les TL et GTL adoptent le moteur de l’Automatic (1.4 l., 68 ch.). À partir de la finition GTL, toutes les versions reçoivent la calandre à quatre phares et un pare-chocs avant avec spoiler. Présentation de la R9 Turbo, équipée d’un 1.4 l. de 105 ch. Avec ses jantes en aluminium, ses phares antibrouillards et ses liserés latéraux, elle devient la version de pointe de la gamme. En cours d’année, une série limitée Broadway (base TL et TD) est lancée. Pour le millésime 1987, la Renault 9 subit un restylage avec nouvelle calandre et nouveaux phares. Les TXE et Turbo se distinguent par leurs doubles optiques et leur spoiler avant. Les C et TC adoptent un nouveau moteur 1.2 l. de 55 ch. À partir de la finition GTL, toute la gamme reçoit des pare-chocs peints couleur carrosserie. Les GTX et TXE voient leur puissance portée à 90 ch. Enfin, la Turbo gagne 10 ch. et s’équipe de quatre freins à disque, de vitres avant électriques et d’un verrouillage centralisé à distance. Une nouvelle série limitée Broadway est également proposée. En 1988, l’ensemble de la gamme bénéficie d’un équipement enrichi et les finitions TC et TD sont rebaptisées Spring. Quelques évolutions touchent encore les GTL et GTD en 1989, avec notamment l’ajout d’un second rétroviseur extérieur et de vitres teintées. Mais c’est la fin pour la Renault 9, qui tire sa révérence en Juin pour laisser la place à sa remplaçante, la Renault 19.
Avec 2.571.362 exemplaires produits en neuf ans, la Renault 9 est un incontestable succès pour le constructeur français. Pensée comme une voiture mondiale, elle sera produite jusqu’en 2000 dans certains pays émergents, friands de ce type de berline tricorps.