Renault Dauphine (1956-1968)

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Après la guerre, Renault est nationalisé par l’État français et lance en 1947 la populaire 4CV. Voiture la plus vendue en France pendant plusieurs années, elle ouvre la voie à un second modèle populaire, plus spacieux et destiné aux familles, la Dauphine.

HISTOIRE

La Renault des familles

Depuis plusieurs années, Renault ne propose que la 4CV et la Frégate à son catalogue, ce qui limite le développement de la marque. C’est dans ce contexte que naît le projet d’une Renault populaire plus familiale. Lancé en 1951, il aboutit en 1955 à la construction d’environ 150 modèles de présérie de la nouvelle Dauphine. Cette familiale de 3,95 m. de long, à moteur arrière, se montre plus spacieuse que la 4CV et s’adresse aux familles désirant un véhicule plus confortable. La base technique reste proche, avec le moteur en position arrière et une architecture à propulsion. Le coffre, relativement spacieux, prend place à l’avant. En 1956, la Dauphine de série est présentée. Disponible en sept coloris, elle vient concurrencer la Panhard Dyna Z, plus chère et plus performante. Capable d’atteindre 110 km/h, elle propose deux options, l’embrayage Ferlec et le toit ouvrant. Elle bénéficie par ailleurs d’une garantie de six mois kilométrage illimité.

Dès 1957, elle évolue, les versions Ferlec reçoivent un faisceau électrique simplifié et un nouveau boîtier de commande. Toute la gamme adopte un pare-soleil en plastique, un chauffage Sofica plus efficace, un thermostat, de nouveaux clignotants latéraux, des roues pleines à 3 écrous, un pédalier redessiné, un tableau de bord bicolore, un ciel de toit et une boîte à gants en vinyle. La baguette centrale du capot avant disparaît. En 1958 apparaît la version Gordini. Son moteur est porté à 37,5 ch. Elle se distingue par son monogramme sur le capot arrière, ses pneumatiques élargis, sa boîte de vitesses à quatre rapports et ses baguettes latérales. La Dauphine classique continue d’évoluer car l’embrayage Ferlec est simplifié, le pédalier et les sièges avant sont modifiés. En 1959, le tableau de bord revient à une teinte unique, les sièges avant adoptent un réglage par molette et de nouveaux garnissages, de nouvelles poignées de porte apparaissent, la suspension Aérostable est montée, une sécurité enfant équipe les portières arrière, les clignotants sont allongés et les enjoliveurs passent en inox. La Gordini bénéficie de toutes ces évolutions.

 

L’Ondine

Pour le millésime 1960, une nouvelle boîte de vitesses est installée, accompagnée d’un nouveau démarreur, d’amortisseurs plus souples et d’un carburateur Solex. À l’extérieur, les clignotants latéraux sont remplacés par des modèles ronds à l’avant, tandis qu’à l’arrière ils sont intégrés aux feux. Les monogrammes changent de place, les ailes avant reçoivent des feux de stationnement rouge et blanc. La pédale d’accélérateur est désormais fixée au plancher. La Gordini reçoit un capot arrière verrouillable, des joncs de pare-brise et de lunette arrière, de nouveaux compteurs, un moteur porté à 40 ch. et une sellerie en tissu nid d’abeille. Un monogramme “Dauphine Gordini” apparaît sur les ailes avant et le capot arrière. En option, des pneumatiques Michelin X en 135x380 sont disponibles. En 1961, les jantes passent au gris métallisé et des pneumatiques à flancs blancs sont proposés en option. Les sièges sont nouveaux. La grande nouveauté de l’année est toutefois l’apparition de l’Ondine, version plus haut de gamme de la Dauphine. Basée sur la Gordini mais avec la mécanique de la version classique, elle reçoit des jantes spécifiques, un encadrement chromé de plaque arrière, des monogrammes sur les ailes avant, des sièges à réglages accrus, des butoirs en caoutchouc sur le pare-chocs arrière, une planche de bord et un volant noir, ainsi qu’un coffre à bagages capitonné de tissu.

La Dauphine Gordini vit son dernier millésime et cède sa place à l’Ondine Gordini, qui se distingue par ses pneus à flancs blancs et son témoin de feux de route au tableau de bord. En 1962, seule nouveauté pour la Dauphine, de nouveaux clignotants avant empruntés à la Floride. L’Ondine et l’Ondine Gordini reçoivent des roues à 8 trous (contre 12 auparavant). Une version sportive apparaît, la Dauphine 1093. Elle se distingue par sa teinte blanche ornée de bandes bleues et un moteur de 50 ch. lui permettant d’atteindre 143 km/h. En fin d’année, l’Ondine disparaît du catalogue par manque de succès.

En 1963, les monogrammes sont revus (suppression sur les ailes avant, modification à l’arrière), les jantes sont reprises de l’Ondine, et le tableau de bord comme le levier de vitesses sont redessinés. En cours d’année, le moteur est porté à 32 ch. grâce à un nouveau réglage des carburateurs. La Dauphine Gordini revient, avec joncs chromés de pare-brise et lunette arrière, compteur gradué jusqu'à 150 km/h, jantes et volant noirs de l’Ondine Gordini, et suppression du revêtement du coffre avant. En fin d’année, la Dauphine 1093 disparaît, après seulement deux ans de carrière. En 1964, la Dauphine adopte quatre freins à disque, des points d’ancrage de ceintures de sécurité à l’avant, une suspension arrière modifiée et un réservoir de 30 l. La nouvelle version Export apparaît, elle se distingue par sa boîte de vitesses à quatre rapports, ses joncs et baguettes chromés, ses vide-poches de portières, ses sièges repris de la R8, ses poignées intérieures chromées et le capitonnage du coffre avant. La Dauphine Gordini est désormais réservée à l’exportation. En 1965, la Dauphine adopte la boîte de vitesses à quatre rapports de l’Export et abandonne les roulements arrière graissables. L’Export reste au catalogue, sans modification majeure. 1966 marque la dernière année de production des Dauphine et Dauphine Export. Aucune évolution n’est apportée. Toutefois, la Dauphine Gordini réapparaît en France. Ce sera la seule version commercialisée en 1967, avec quelques modifications, comme la suppression du klaxon de ville, l’adoption du réservoir de l’Export (29 l.), et une sellerie en simili disponible en option. 1968 signe la fin de la Dauphine Gordini en France, bien qu’elle reste proposée sur certains marchés étrangers jusqu’en 1971.

 

Présente au catalogue français pendant 13 ans, la Dauphine connut un fort succès, notamment auprès des familles désirant une voiture plus spacieuse et polyvalente que la 4CV. Elle fut produite à 2.139.641 exemplaires.

Catalogues

Chiffres de production

Coloris
Publicités
Tarifs

CONCURRENTES

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