Volvo P1800 (1961-1973)
Dans l’histoire de la marque Volvo, la P1800 représente une parenthèse intéressante, puisqu’elle est la seule Volvo à vocation sportive, même si la marque la présente davantage comme une GT confortable et luxueuse.
HISTOIRE
Une suédoise très latine
Lorsque Volvo dévoile la P1800 en 1960, l’étonnement est de mise. Son design aux courbes marquées est en effet plus proche de celui des sportives anglaises ou italiennes que des breaks cubiques suédois. Sa mécanique est dérivée de la 122S et développe 90 ch. Même si elle n’est pas vendue comme une véritable sportive, ses caractéristiques la rapprochent de ce segment. À l’intérieur, on retrouve une collection de cadrans ronds, un levier de vitesses court, et pour garantir une bonne tenue de route, elle est équipée de pneumatiques Pirelli en 165 SR 15. Les premiers modèles se distinguent par leurs pare-chocs avant qui remontent vers la calandre. L’assemblage est assuré par le carrossier Jensen en Angleterre. En 1963, la P1800 devient 1800S, le S rappelant la Suède, son pays d’origine. Cette année-là, les enjoliveurs Soleil sont remplacés par ceux du modèle Amazon et les clignotants deviennent orange. À l’intérieur, les panneaux de porte sont légèrement retouchés, les sièges passent du simili au cuir, et la zone rouge du compte-tours est décalée de 500 tr/min.
Pour le millésime 1964, le moteur gagne en puissance (96 ch.) et reçoit un overdrive. La vitesse de pointe atteint alors 175 km/h. La banquette arrière devient rabattable, rare pour un coupé. En 1965, un nouveau pare-chocs avant droit apparaît, avec bandeaux de protection en caoutchouc à l’avant et à l’arrière. La calandre est redessinée et de nouvelles jantes favorisant le refroidissement des freins. L’habitacle bénéficie de sièges améliorés avec supports lombaires. En 1966, la puissance franchit la barre symbolique des 100 ch., atteignant 103 ch., pour une vitesse de pointe de 180 km/h. Le comportement est optimisé grâce à des améliorations du train arrière. Cette année-là, une rare version découvrable est proposée par Radford (Angleterre) et Volvoville (États-Unis).
L’injection électronique et le break
En 1967, la moulure latérale devient droite, la calandre et les poignées de porte sont modifiées, et le circuit de refroidissement est désormais fermé. En 1968, la seule nouveauté est le montage d’un volant à trois branches. En 1969, un nouveau moteur apparaît, mais ne gagne que 2 ch. (105 ch. au total). Les freins passent en double circuit, améliorant leur efficacité. En 1970, le moteur de 1969 reçoit une injection électronique, encore rare à l’époque. La puissance grimpe à 120 ch. et la vitesse de pointe atteint 190 km/h. Une nouvelle boîte de vitesses est introduite (toujours quatre rapports avec overdrive). Les freins arrière sont désormais à disque et de nouvelles jantes sont montées. À l’extérieur, la P1800 reçoit une calandre noir mat et des ouïes de ventilation sur les ailes arrière (bouchon de réservoir à gauche). L’habitacle adopte une nouvelle planche de bord avec inserts en bois, une boîte à gants et une lunette arrière dégivrante. Elle prend alors la dénomination P1800E.
En 1971, retour à l’ancienne boîte de vitesses, jugée plus convaincante, mais une boîte de vitesses automatique à trois rapports devient disponible en option. En 1972, la puissance atteint 124 ch., la calandre est retouchée, les pneumatiques s’élargissent (185/70 HR 15), les vitres sont teintées et les nouveaux sièges intègrent des appuie-têtes. Mais alors que le coupé approche de la fin, Volvo surprend en lançant une version break de chasse, la P1800ES, présentée en Décembre. Sa silhouette atypique se reconnaît à sa grande lunette arrière faisant office de hayon. En 1973, dernière année de production, la P1800 reçoit des améliorations sécuritaires avec pare-chocs à absorption d’énergie, habitacle plus résistant au feu et interrupteurs à bascule remplaçant les anciens modèles à tirant. Après 13 ans de carrière (dont deux pour la P1800ES), le coupé Volvo quitte le catalogue. Il faudra attendre 25 ans pour qu’il ait un lointain successeur avec la C70.
Produite à 45.627 exemplaires, la P1800 a connu un certain succès, notamment aux États-Unis où ses qualités ont été fortement appréciées. Bien que cela n’ait pas été dans la tradition maison, Volvo a réussi son pari en lançant un coupé à vocation sportive. On pourra toutefois regretter que la marque n’ait pas souhaité donner une descendance directe à ce modèle devenu emblématique.