Rolls-Royce Silver Seraph (1998-2002)
Conçue en partenariat avec Bentley, la Silver Seraph recevra finalement une mécanique d’origine bavaroise. Dernier modèle fabriqué à Crewe, elle s’impose comme un modèle de transition dans la longue histoire de Rolls-Royce.
HISTOIRE
Un modèle de transition
Il faut remonter à la fin des années 1980 pour trouver les origines de la Silver Seraph. Conçue pour remplacer la Silver Spirit, son design est figé dès 1991, tandis que la conception globale est achevée en 1994. Développée en parallèle de la future Bentley Arnage, la reprise de Rolls-Royce par BMW provoque quelques contretemps. La future Silver Seraph reçoit finalement un V12 d’origine BMW, et non le V8 commun à sa cousine Bentley. En 1998, la version définitive de la Silver Seraph est présentée au Salon de l’automobile de Genève. Première Rolls-Royce de série à être équipée d’un V12 depuis la Phantom III de 1939, la limousine anglaise suscite la controverse. Avec sa mécanique d’origine allemande et certains éléments intérieurs issus de la BMW Série 7, l’image de la grande limousine britannique traditionnelle en souffre. Extérieurement très proche de l’Arnage, l’habitacle bénéficie toutefois d’un traitement plus exclusif, mêlant cuir Connolly et placages en ronce de noyer.
Malgré une conception moderne (rigidité structurelle accrue de 65 % par rapport à sa devancière), la Silver Seraph ne parvient pas à atteindre les volumes de ventes de la Silver Spirit. En 2000, au Salon de l’automobile de Genève, Rolls-Royce présente la Park Ward, version allongée de la Silver Seraph. Avec un empattement accru de 25 cm. afin d’offrir davantage d’espace à l’arrière, elle bénéficie d’un traitement encore plus exclusif. Elle restera la dernière Rolls-Royce à porter le prestigieux label Park Ward. La production de la Silver Seraph prend fin en 2002, laissant place à la Phantom VII, premier modèle entièrement développé depuis le rachat de la marque par BMW.
La Silver Seraph reste un modèle de transition. Développée aux côtés de Bentley mais dotée d’une mécanique BMW, elle annonçait déjà l’avenir de la marque. Produite à 1.597 exemplaires (dont 127 Park Ward), elle fut la dernière Rolls-Royce assemblée dans l’usine historique de Crewe, avant le déménagement de la marque à Goodwood.