Porsche 928 (1977-1995)
Au début des années 1970, Porsche souhaite remplacer la 911 par un modèle plus polyvalent, capable de concurrencer les Ferrari. Cette volonté aboutit à la présentation de la 928 en 1977.
HISTOIRE
Un V8
C’est en 1971 que commence l’étude d’un nouveau coupé chez Porsche. En effet, la 911 est alors le seul modèle de la marque, et le constructeur souhaite élargir sa gamme en proposant un second modèle répondant à des critères différents et pouvant séduire davantage le marché américain. Ce nouveau modèle recevra un V8, positionné à l’avant, tandis que la boîte de vitesses sera installée à l’arrière pour une meilleure répartition des masses. Toujours propulsion, cette Porsche adopte un essieu arrière multibras afin de mieux transmettre la puissance au sol. Cependant, durant le développement, la première crise pétrolière intervient en 1973. Porsche décide alors de limiter la cylindrée de son V8 à 4.499 cm³, pour une puissance de 240 ch. Le design est confié à Anatole Lapine, avec pour défi de dessiner une GT pouvant accueillir quatre personnes sans alourdir la ligne. Ainsi, la première GT de Porsche, la 928, est présentée au Salon de l’automobile de Genève 1977. Sa ligne fluide, intégrant des phares escamotables, est une réussite qui lui permettra de traverser les années sans vieillir.
Dès 1978, elle est élue Voiture européenne de l’année, une distinction unique pour une voiture de sport. Avec ses éléments de carrosserie en aluminium, son équipement moderne et son châssis innovant, cette 928 est un pur concentré du savoir-faire Porsche et met un sérieux coup de vieux à la concurrence. En 1979, la gamme accueille une seconde version, la 928 S. La cylindrée du V8 est portée à 4,7 l. et la puissance grimpe à 300 ch., offrant des performances plus respectables. En effet, celles de la 928 classique étaient jugées décevantes à cause d’un poids élevé. Cette 928 S reçoit aussi des freins majorés, un spoiler avant et arrière, des bas de caisse et des jantes spécifiques. Il n’y a pas d’autres modifications jusqu’en 1982, année où la 928 de 250 ch. disparaît. Seule la 928 S est conservée dans la gamme. En 1983, l’injection électronique est installée, portant la puissance à 310 ch. La 928 S prend alors la dénomination S2. En 1984, la boîte de vitesses automatique passe de trois à quatre rapports, réduisant significativement la consommation.
S3 & S4
La 928 S3 est présentée en 1985, réservée aux marchés américain, canadien et japonais. Elle reçoit un V8 5.0 l. destiné à compenser les systèmes antipollution, pour une puissance de 288 ch. (soit 22 ch. de moins que la S2). En 1986, la 928 S4 est disponible. Remplaçant les S2 et S3, elle reprend le V8 de la S3 porté à 320 ch. (avec ou sans dépollution). Son aérodynamisme est particulièrement travaillé, avec de nouveaux boucliers, un éclairage amélioré, un aileron arrière, un carénage sous le moteur et des volets dans la calandre. Ces évolutions permettent d’améliorer le Cx, d’optimiser les performances et de réduire la consommation. La 928 est toujours proposée avec une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports ou une boîte de vitesses automatique à quatre rapports. Au Salon de l’automobile de Genève 1988, la 928 S4 ClubSport est dévoilée. Réservée à l’Europe, elle reçoit un équipement allégé et un châssis optimisé, destiné aux conducteurs les plus sportifs. Elle sera déclinée en 928 SE, réservée au marché britannique. En 1989, la gamme s’élargit encore avec la présentation de la 928 GT, une 928 ClubSport dotée de l’équipement de la S4, mais avec 10 ch. supplémentaires (330 ch. au total).
En 1990 l’offre est légèrement remaniée. La S4 n’est disponible qu’avec la boîte de vitesses automatique, la GT uniquement en version manuelle avec suspension sport. Un différentiel autobloquant électronique (PSD) devient de série, et tous les modèles français sont désormais catalysés. En 1992, la dernière grande évolution de la 928 arrive avec la présentation de la GTS. Remplaçant à la fois les S4 et GT, elle est disponible en boîte de vitesses automatique ou manuelle et reçoit un V8 dont la cylindrée atteint 5,8 l. pour 350 ch. Elle se reconnaît à ses rétroviseurs Cup, ses nouvelles jantes, ses ailes élargies, son aileron arrière peint et son bandeau réfléchissant arrière. Version ultime de la 928, ce sera la seule proposée jusqu’à la fin de la carrière du modèle, en 1995.
La carrière de la 928 fut longue (17 ans) et, grâce à de nombreuses évolutions, elle saura rester compétitive. Elle connut un grand succès aux États-Unis mais ne réussit pas à détrôner la 911 chez Porsche. Produite à 60.977 exemplaires, son design atypique et sa conception novatrice en font un modèle à part dans l’histoire du constructeur.