À partir de la génération W114-W115, Mercedes-Benz souhaite clairement distinguer dans sa gamme les berlines intermédiaires des modèles limousines, qui seront baptisées plus tard Classe S.
HISTOIRE
Modernité et qualité
Au début des années 1960, le constructeur allemand Mercedes-Benz met en chantier le projet d’une berline de gamme intermédiaire, dont les motorisations et le gabarit, plus rationnels que ceux des grandes limousines d’alors, doivent plaire au plus grand nombre. Le dessin est réalisé sous la direction du Français Paul Bracq et reprend les codes stylistiques de la marque (phares avant verticaux, large calandre). Concernant les trains roulants, le châssis est particulièrement soigné, avec un train arrière moderne et quatre freins à disques. Le lancement intervient lors du Salon de l’automobile de Bruxelles 1968, et le nom de code de cette nouvelle berline allemande est W114-W115. Pas moins de six versions sont disponibles dès le lancement. Le code W115 désigne les versions à quatre cylindres, qui sont au nombre de quatre, la 200 (2.0 l. essence, 95 ch.), la 220 (2.2 l. essence, 105 ch.), la 200 D (2.0 l. diesel, 55 ch.) et la 220 D (2.2 l. diesel, 60 ch.). Concernant les versions six cylindres, elles portent le code W114 et sont au nombre de deux, la 230 (2.3 l. essence, 120 ch.) et la 250 (2.5 l. essence, 130 ch.). Les W114 se distinguent par leur calandre plus épaisse, alors que la 250 a droit à un double pare-chocs avant. Bien entendu, la nouvelle routière de Mercedes-Benz est proposée sur le marché américain en reprenant la gamme européenne (hormis les versions 200 et 200 D).
Pour le millésime 1969, les carrosseries Coupé et Limousine sont présentées. La première est disponible en version 250 C (2.5 l. 130 ch.) et 250 CE (2.5 l. injection, 150 ch.). La seconde est proposée en 230 Lang (2.3 l. 120 ch.) et 220 D Lang (2.2 l. diesel, 60 ch.). Le coupé reprend le dessin de la berline, mais son pavillon est abaissé de 4,5 cm. et sa carrosserie élargie de 2 cm., donnant un style plus statutaire à cette version. En ce qui concerne la limousine, son empattement est allongé de 65 cm. et son pavillon rehaussé de 3,5 cm. par rapport à la berline standard. Elle peut accueillir jusqu’à huit passagers. En cours d’année, le rétroviseur intérieur passe du chrome au noir et les sièges inclinables deviennent de série. En 1970, les feux de détresse sont installés en série, la planche de bord évolue, la boîte à gants gagne un éclairage et de la moquette fait son apparition. Les versions 230, 250, 250 C et 250 CE peuvent recevoir une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports en option. Lancement pour le marché américain uniquement de la 250 C 2.8 (2.8 l. essence, 157 ch. SAE). En fin d’année, les phares antibrouillards sont disponibles en option.
280
Pour le millésime 1971, la sellerie en velours est ajoutée au catalogue des options du coupé. La boîte de vitesses automatique est montée en série sur les modèles américains, alors que la 250 troque son moteur 2.5 l. pour le moteur 2.8 l. apparu l’année précédente. En 1972, la grille de radiateur est désormais en plastique, et le marché américain reçoit deux nouvelles versions à basse compression, la 220 (2.2 l. 110 ch. SAE) et la 250 (2.5 l. 150 ch. SAE). En cours d’année, présentation des versions 280 (2.8 l. 160 ch.) et 280 E (2.8 l. injection, 185 ch.). Ces nouvelles versions de pointe se distinguent par leur grille de calandre plus épaisse, un pare-chocs arrière allongé et une double sortie d’échappement. La sellerie en velours est installée en série. Ces nouvelles motorisations sont également disponibles sur le coupé (280 C et 280 CE). Au même moment, les 250 et 250 C reçoivent un nouveau moteur (2.8 l. 130 ch.). La 250 CE est quant à elle supprimée. Du côté des évolutions, la lunette arrière devient chauffante et le pare-brise est feuilleté. En toute fin de millésime, les phares halogènes passent aux ampoules H4 (précédemment H1), la pédale de frein est réduite, les ceintures de sécurité sont dotées d’arrêts automatiques, et la version à boîte de vitesses automatique perd son monogramme Automatic à l’arrière. Lors du millésime 1973, le système de nettoyage des phares avant est disponible en commande spéciale, alors que la 280 remplace définitivement la 250 sur le marché américain. En cours d’année, nouveau volant à quatre branches, montage des appuie-têtes et ceintures de sécurité avant en série. L’option banquette avant est supprimée et le feu antibrouillard arrière s’habille de plastique.
Un restylage intervient en 1974 avec une nouvelle calandre élargie, un nouveau pare-chocs avant et de nouveaux feux arrière anti-salissures. La plaque d’immatriculation est désormais installée sur le pare-chocs avant. Les versions 250 et 280 perdent leurs pare-chocs spécifiques, la poignée de coffre est nouvelle et le rétroviseur est maintenant réglable depuis l’intérieur. Dans l’habitacle, le tableau de bord évolue, tout comme le soufflet de levier de vitesse. La version américaine se distingue de l’européenne par ses nouveaux pare-chocs à absorption d’énergie, répondant aux nouvelles normes locales. Ajout d’une troisième version diesel appelée 240 D (2.4 l. 65 ch.). En cours d’année, la 230/4 remplace la 220 (2.3 l. 110 ch.). Pour l’occasion, la 230 devient 230/6. La version Limousine est disponible avec le moteur 240 D. Enfin, lancement de la 200 à basse compression (2.0 l. 85 ch.). L’année suivante, une première mondiale arrive sous le capot de la W114-W115, le premier cinq cylindres diesel de série de l’histoire. Appelé 240 D 3.0, il développe 80 ch. pour une cylindrée de 3.005 cm³. Cette version est baptisée 300 D sur le marché américain (77 ch. SAE, boîte de vitesses automatique en série). Au même moment, l’ensemble des moteurs essence des versions américaines voient leur puissance réduite. Les sièges chauffants sont proposés en option, alors que l’habillage en cuir sur le coupé évolue. En cours d’année, toutes les berlines peuvent recevoir la sellerie en velours optionnelle, alors que la direction assistée devient de série sur les 280, 280 E, 280 C et 280 CE. En cours de millésime 1976, la boîte de vitesses à cinq rapports est supprimée des options, alors que la fin de carrière de la W114-W115 approche. Ainsi, le coupé voit sa production cesser en Août, la limousine en Novembre et enfin, la berline en Décembre. Une nouvelle génération de routière Mercedes-Benz vient d’être lancée depuis quelques mois, la W123.
Avec 1.919.056 exemplaires produits en neuf ans de carrière, la génération W114-W115 sera un grand succès pour Mercedes-Benz. Initiatrice d’une lignée de routières modernes à l’étoile, elle posa les bases d’une série de modèles qui deviendra centrale dans la gamme du constructeur allemand lors des décennies suivantes.
Au début des années 1960, le constructeur allemand Mercedes-Benz met en chantier le projet d’une berline de gamme intermédiaire, dont les motorisations et le gabarit, plus rationnels que ceux des grandes limousines d’alors, doivent plaire au plus grand nombre. Le dessin est réalisé sous la direction du Français Paul Bracq et reprend les codes stylistiques de la marque (phares avant verticaux, large calandre). Concernant les trains roulants, le châssis est particulièrement soigné, avec un train arrière moderne et quatre freins à disques. Le lancement intervient lors du Salon de l’automobile de Bruxelles 1968, et le nom de code de cette nouvelle berline allemande est W114-W115. Pas moins de six versions sont disponibles dès le lancement. Le code W115 désigne les versions à quatre cylindres, qui sont au nombre de quatre, la 200 (2.0 l. essence, 95 ch.), la 220 (2.2 l. essence, 105 ch.), la 200 D (2.0 l. diesel, 55 ch.) et la 220 D (2.2 l. diesel, 60 ch.). Concernant les versions six cylindres, elles portent le code W114 et sont au nombre de deux, la 230 (2.3 l. essence, 120 ch.) et la 250 (2.5 l. essence, 130 ch.). Les W114 se distinguent par leur calandre plus épaisse, alors que la 250 a droit à un double pare-chocs avant. Bien entendu, la nouvelle routière de Mercedes-Benz est proposée sur le marché américain en reprenant la gamme européenne (hormis les versions 200 et 200 D).
Pour le millésime 1969, les carrosseries Coupé et Limousine sont présentées. La première est disponible en version 250 C (2.5 l. 130 ch.) et 250 CE (2.5 l. injection, 150 ch.). La seconde est proposée en 230 Lang (2.3 l. 120 ch.) et 220 D Lang (2.2 l. diesel, 60 ch.). Le coupé reprend le dessin de la berline, mais son pavillon est abaissé de 4,5 cm. et sa carrosserie élargie de 2 cm., donnant un style plus statutaire à cette version. En ce qui concerne la limousine, son empattement est allongé de 65 cm. et son pavillon rehaussé de 3,5 cm. par rapport à la berline standard. Elle peut accueillir jusqu’à huit passagers. En cours d’année, le rétroviseur intérieur passe du chrome au noir et les sièges inclinables deviennent de série. En 1970, les feux de détresse sont installés en série, la planche de bord évolue, la boîte à gants gagne un éclairage et de la moquette fait son apparition. Les versions 230, 250, 250 C et 250 CE peuvent recevoir une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports en option. Lancement pour le marché américain uniquement de la 250 C 2.8 (2.8 l. essence, 157 ch. SAE). En fin d’année, les phares antibrouillards sont disponibles en option.
280
Pour le millésime 1971, la sellerie en velours est ajoutée au catalogue des options du coupé. La boîte de vitesses automatique est montée en série sur les modèles américains, alors que la 250 troque son moteur 2.5 l. pour le moteur 2.8 l. apparu l’année précédente. En 1972, la grille de radiateur est désormais en plastique, et le marché américain reçoit deux nouvelles versions à basse compression, la 220 (2.2 l. 110 ch. SAE) et la 250 (2.5 l. 150 ch. SAE). En cours d’année, présentation des versions 280 (2.8 l. 160 ch.) et 280 E (2.8 l. injection, 185 ch.). Ces nouvelles versions de pointe se distinguent par leur grille de calandre plus épaisse, un pare-chocs arrière allongé et une double sortie d’échappement. La sellerie en velours est installée en série. Ces nouvelles motorisations sont également disponibles sur le coupé (280 C et 280 CE). Au même moment, les 250 et 250 C reçoivent un nouveau moteur (2.8 l. 130 ch.). La 250 CE est quant à elle supprimée. Du côté des évolutions, la lunette arrière devient chauffante et le pare-brise est feuilleté. En toute fin de millésime, les phares halogènes passent aux ampoules H4 (précédemment H1), la pédale de frein est réduite, les ceintures de sécurité sont dotées d’arrêts automatiques, et la version à boîte de vitesses automatique perd son monogramme Automatic à l’arrière. Lors du millésime 1973, le système de nettoyage des phares avant est disponible en commande spéciale, alors que la 280 remplace définitivement la 250 sur le marché américain. En cours d’année, nouveau volant à quatre branches, montage des appuie-têtes et ceintures de sécurité avant en série. L’option banquette avant est supprimée et le feu antibrouillard arrière s’habille de plastique.
Un restylage intervient en 1974 avec une nouvelle calandre élargie, un nouveau pare-chocs avant et de nouveaux feux arrière anti-salissures. La plaque d’immatriculation est désormais installée sur le pare-chocs avant. Les versions 250 et 280 perdent leurs pare-chocs spécifiques, la poignée de coffre est nouvelle et le rétroviseur est maintenant réglable depuis l’intérieur. Dans l’habitacle, le tableau de bord évolue, tout comme le soufflet de levier de vitesse. La version américaine se distingue de l’européenne par ses nouveaux pare-chocs à absorption d’énergie, répondant aux nouvelles normes locales. Ajout d’une troisième version diesel appelée 240 D (2.4 l. 65 ch.). En cours d’année, la 230/4 remplace la 220 (2.3 l. 110 ch.). Pour l’occasion, la 230 devient 230/6. La version Limousine est disponible avec le moteur 240 D. Enfin, lancement de la 200 à basse compression (2.0 l. 85 ch.). L’année suivante, une première mondiale arrive sous le capot de la W114-W115, le premier cinq cylindres diesel de série de l’histoire. Appelé 240 D 3.0, il développe 80 ch. pour une cylindrée de 3.005 cm³. Cette version est baptisée 300 D sur le marché américain (77 ch. SAE, boîte de vitesses automatique en série). Au même moment, l’ensemble des moteurs essence des versions américaines voient leur puissance réduite. Les sièges chauffants sont proposés en option, alors que l’habillage en cuir sur le coupé évolue. En cours d’année, toutes les berlines peuvent recevoir la sellerie en velours optionnelle, alors que la direction assistée devient de série sur les 280, 280 E, 280 C et 280 CE. En cours de millésime 1976, la boîte de vitesses à cinq rapports est supprimée des options, alors que la fin de carrière de la W114-W115 approche. Ainsi, le coupé voit sa production cesser en Août, la limousine en Novembre et enfin, la berline en Décembre. Une nouvelle génération de routière Mercedes-Benz vient d’être lancée depuis quelques mois, la W123.
Avec 1.919.056 exemplaires produits en neuf ans de carrière, la génération W114-W115 sera un grand succès pour Mercedes-Benz. Initiatrice d’une lignée de routières modernes à l’étoile, elle posa les bases d’une série de modèles qui deviendra centrale dans la gamme du constructeur allemand lors des décennies suivantes.