La Lagonda restera un OVNI dans l’histoire de l’automobile. Berline quatre portes au style incroyable, sa conception, sa mise au point et sa carrière longue de 15 ans ne seront pas de tout repos pour Aston Martin.
HISTOIRE
Une mise au point très laborieuse
La première tentative de faire renaître le blason Lagonda intervient en 1974 avec la présentation de la Lagonda V8. Déclinaison quatre portes de la DBS, elle sera malheureusement considérée comme trop proche du coupé et peinera à justifier son prix très élevé. Il n’y aura que huit exemplaires produits de cette Lagonda V8. Après la faillite de la marque en 1975 et son rachat par des Américains, l’étude d’une nouvelle berline, plus ambitieuse et baptisée simplement Lagonda, est lancée. Ainsi, à la fin de l’année 1976, la nouvelle Aston Martin Lagonda (appelée Série 2, la Série 1 étant considérée comme la Lagonda V8) est présentée au public lors du London Motor Show. Son style unique, très “plat”, surprend et fait parler. L’intérieur n’est pas en reste, avec de l’électronique partout (inédit pour l’époque) et un combiné d’instrumentation entièrement digital. Le succès est toutefois au rendez-vous. Lors du salon, bien que le développement soit loin d’être terminé, Aston Martin enregistre 76 commandes fermes. Forts de ce premier contact prometteur avec le public, les ingénieurs britanniques redoublent d’efforts pour finaliser cette ambitieuse berline dans des délais raisonnables.
Cependant, la partie électronique s’avère être un immense chantier, la Lagonda étant la première voiture au monde dotée d’un tableau de bord entièrement numérique, commandé par des touches sensitives. Le manque de moyens se fait sentir : le développement de ces éléments est confié à des étudiants en technologie de l’université de Cranfield. L’année 1977 est consacrée à ce développement, mais la mise en production prend du retard. Le premier exemplaire est finalement livré en avril 1978. Malheureusement, la présentation tourne au fiasco : les courts-circuits s’enchaînent, et la Lagonda est incapable de prendre la route. La production est suspendue, et le développement des systèmes électrique et électronique est confié à la société américaine Javelina Corporation. En moins de trois mois, la voiture est enfin au point, et les livraisons peuvent commencer, près de deux ans après la première présentation. Côté mécanique, la Lagonda est équipée d’un V8 5.3 l. développant 280 ch, une puissance très respectable pour une berline de l’époque. En revanche, la boîte de vitesses automatique à seulement trois rapports est assez lente, ce qui pénalise les performances globales.
Une carrière assez longue
Une fois correctement fiabilisée, la Lagonda peut enfin être commercialisée dans le monde entier. Il faudra toutefois attendre 1982 pour qu’elle accède au marché américain, le temps qu’Aston Martin l’adapte aux normes locales (mécanique, pare-chocs, …). En 1984, les commandes sensitives sont remplacées par des basculeurs plus classiques. Toujours dans un souci d’amélioration de l’ergonomie, le millésime 1985 voit l’apparition d’un nouveau tableau de bord intégrant trois écrans à affichage cathodique empruntés à un avion de chasse américain (le McDonnell F-15 Eagle). En 1986, la Lagonda abandonne les carburateurs au profit de l’injection : la puissance passe alors à 309 ch, marquant l’arrivée de la Série 3.
La modernisation se poursuit en 1987 avec un restylage majeur, donnant naissance à la Série 4. Tous les panneaux de carrosserie sont nouveaux, les phares escamotables disparaissent, le seuil de chargement du coffre est abaissé et les feux arrière sont affinés. L’intérieur évolue aussi, avec un nouveau tableau de bord à affichage fluorescent, plus moderne. La finition s’améliore nettement, justifiant enfin le prix élevé demandé par Aston Martin. Un système vocal est même proposé, disponible en quatre langues : anglais, allemand, français et arabe. La production continue doucement, au rythme d’un exemplaire produit par semaine. Finalement, l’aventure Lagonda prend fin en 1990, soit 15 ans après sa première présentation.
Produite à seulement 636 exemplaires, la Lagonda aura été un véritable gouffre financier pour Aston Martin, avec un développement bien plus long et coûteux que prévu. Trop ambitieuse, elle restera unique en son genre, sans jamais être réellement remplacée dans la gamme du constructeur britannique.
La première tentative de faire renaître le blason Lagonda intervient en 1974 avec la présentation de la Lagonda V8. Déclinaison quatre portes de la DBS, elle sera malheureusement considérée comme trop proche du coupé et peinera à justifier son prix très élevé. Il n’y aura que huit exemplaires produits de cette Lagonda V8. Après la faillite de la marque en 1975 et son rachat par des Américains, l’étude d’une nouvelle berline, plus ambitieuse et baptisée simplement Lagonda, est lancée. Ainsi, à la fin de l’année 1976, la nouvelle Aston Martin Lagonda (appelée Série 2, la Série 1 étant considérée comme la Lagonda V8) est présentée au public lors du London Motor Show. Son style unique, très “plat”, surprend et fait parler. L’intérieur n’est pas en reste, avec de l’électronique partout (inédit pour l’époque) et un combiné d’instrumentation entièrement digital. Le succès est toutefois au rendez-vous. Lors du salon, bien que le développement soit loin d’être terminé, Aston Martin enregistre 76 commandes fermes. Forts de ce premier contact prometteur avec le public, les ingénieurs britanniques redoublent d’efforts pour finaliser cette ambitieuse berline dans des délais raisonnables.
Cependant, la partie électronique s’avère être un immense chantier, la Lagonda étant la première voiture au monde dotée d’un tableau de bord entièrement numérique, commandé par des touches sensitives. Le manque de moyens se fait sentir : le développement de ces éléments est confié à des étudiants en technologie de l’université de Cranfield. L’année 1977 est consacrée à ce développement, mais la mise en production prend du retard. Le premier exemplaire est finalement livré en avril 1978. Malheureusement, la présentation tourne au fiasco : les courts-circuits s’enchaînent, et la Lagonda est incapable de prendre la route. La production est suspendue, et le développement des systèmes électrique et électronique est confié à la société américaine Javelina Corporation. En moins de trois mois, la voiture est enfin au point, et les livraisons peuvent commencer, près de deux ans après la première présentation. Côté mécanique, la Lagonda est équipée d’un V8 5.3 l. développant 280 ch, une puissance très respectable pour une berline de l’époque. En revanche, la boîte de vitesses automatique à seulement trois rapports est assez lente, ce qui pénalise les performances globales.
Une carrière assez longue
Une fois correctement fiabilisée, la Lagonda peut enfin être commercialisée dans le monde entier. Il faudra toutefois attendre 1982 pour qu’elle accède au marché américain, le temps qu’Aston Martin l’adapte aux normes locales (mécanique, pare-chocs, …). En 1984, les commandes sensitives sont remplacées par des basculeurs plus classiques. Toujours dans un souci d’amélioration de l’ergonomie, le millésime 1985 voit l’apparition d’un nouveau tableau de bord intégrant trois écrans à affichage cathodique empruntés à un avion de chasse américain (le McDonnell F-15 Eagle). En 1986, la Lagonda abandonne les carburateurs au profit de l’injection : la puissance passe alors à 309 ch, marquant l’arrivée de la Série 3.
La modernisation se poursuit en 1987 avec un restylage majeur, donnant naissance à la Série 4. Tous les panneaux de carrosserie sont nouveaux, les phares escamotables disparaissent, le seuil de chargement du coffre est abaissé et les feux arrière sont affinés. L’intérieur évolue aussi, avec un nouveau tableau de bord à affichage fluorescent, plus moderne. La finition s’améliore nettement, justifiant enfin le prix élevé demandé par Aston Martin. Un système vocal est même proposé, disponible en quatre langues : anglais, allemand, français et arabe. La production continue doucement, au rythme d’un exemplaire produit par semaine. Finalement, l’aventure Lagonda prend fin en 1990, soit 15 ans après sa première présentation.
Produite à seulement 636 exemplaires, la Lagonda aura été un véritable gouffre financier pour Aston Martin, avec un développement bien plus long et coûteux que prévu. Trop ambitieuse, elle restera unique en son genre, sans jamais être réellement remplacée dans la gamme du constructeur britannique.